À moins d’avoir vécu en marge du monde, vous avez certainement entendu parler de l’an 2012, la dernière année du calendrier maya qui a été interprétée par des «ésotéristes» (sans parler des voyants et des adeptes du paranormal et du mystérieux) comme la date de la fin du monde ou, à l’inverse, le début d’un monde nouveau peuplé de gens heureux et d’arcs-en-ciel. Or, une nouvelle étude réalisée par des scientifiques du Centre national pour la recherche atmosphérique (Boulder, Colorado) risque de se retrouver parmi les arguments des tenants de la thèse catastrophiste, car elle prévoit que le prochain cycle d’activité solaire parviendra à son apogée justement en 2012 (avec un an de retard sur d’autres projections) et qu’il aura des pics d’une intensité maximale de 30% à 50% plus puissante que ceux du cycle précédent.
Quand je dis que des «ésotéristes» pourraient trouver dans cette étude une confirmation de leur théorie sur des changements mondiaux en l’an 2012, ce n’est pas tout à fait exact car la nouvelle a déjà été reprise par des sites prônant une approche non critique des phénomènes paranormaux, notamment sur le site américain Paranormal Phenomena de About.com où j’ai d’ailleurs aperçu cette actualité pour la première fois.
La recherche en question (Dikpati, M., G. de Toma, and P. A. Gilman (2006), Predicting the strength of solar cycle 24 using a flux-transport dynamo-based tool, Geophys. Res. Lett., 33, L05102 – résumé et communiqué) est une étude qu’on pourrait certainement qualifier de «sérieuse» car elle a été réalisée par des scientifiques du Centre national pour la recherche atmosphérique (Boulder, Colorado) avec le soutien de la NASA et de la NSF (National Science Foundation). Elle se rapporte aux variations de l’activité solaire qui suivent plusieurs cycles, dont le principal a une période d’environ 11,2 ans, et qui se manifestent notamment par des changements dans le nombre de taches solaires (lire par exemple l’article sur le cycle solaire dans l’encyclopédie Wikipédia).
Les résultats de cette étude proviennent d’une simulation par ordinateur d’un nouveau modèle solaire basé sur des données d’«héliosismologie», une «technique qui étudie les ondes sonores qui se réfléchissent à l’intérieur du soleil et qui donne des détails sur son intérieur, à la façon d’un médecin qui emploie les ultrasons pour voir à l’intérieur d’un patient». Avec une précision presque parfaite de 98%, ce modèle collerait mieux que les autres aux données accumulées pendant les huit derniers cycles solaires.
Essentiellement donc, selon ces dernières simulations, le prochain cycle solaire (le 24e depuis le maximum de 1761 utilisé comme point de départ) présentera des pics d’activité de 30% à 50% plus puissants que ceux du cycle 23 et culminerait en l’an 2012, apparemment environ un an plus tôt que prévu par d’autres modèles. Lors de ces périodes d’activités plus intenses, il se produit des tempêtes solaires qui peuvent affecter les satellites, les télécommunications, les systèmes informatiques et les réseaux électriques. En voyant le site d’Hydro-Québec, on constate par exemple qu’une de ces tempêtes solaires a causé une panne totale d’une durée de neuf heures sur l’ensemble du Québec en mars 1989.
Toujours d’après ce même modèle, 2,5% de la surface l’astre du jour seront couverts par des taches solaires, c’est-à-dire des zones relativement «froides» (tout de même 4500 degrés) quand leur température est comparée aux quelque 5800 degrés de la surface du soleil en moyenne. Le communiqué annonçant la publication de cette nouvelle étude ne donne pas de point de comparaison avec d’autres cycles, mais les périodes d’activités solaires intenses sont associées à la quantité de taches solaires.
Par ailleurs, il pourrait y avoir des ratés importants dans ces cycles. Pour l’anecdote (vous aimez ça, avouez!), le soleil aurait été presque dépourvu de taches solaires entre les années 1645 et 1710, une époque décrite comme «une période d’activité solaire très réduite» (voir cette page du site du Centre national d’études spatiales), qui correspond avec des hivers anormalement rigoureux en Europe et en Amérique du Nord, et que certains ont même surnommée la «petite glaciation»
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